Swiss Network for International Studies (SNIS) - Un pont entre les organisations internationales à Genève et la communauté scientifique en Suisse
La recherche au service des organisations internationales
Le SNIS, créé en 2008 et qui succède à l’ancien Réseau universitaire international de Genève, a pour vocation de promouvoir la recherche scientifique dans le domaine des études internationales en Suisse, en y associant les organisations internationales (OI) siégeant à Genève. La gouvernance mondiale doit pouvoir s’appuyer sur une recherche indépendante, fi able et rendue accessible rapidement. Le Réseau contribue à répondre à ce besoin par le biais du financement des projets de recherche dans le domaine des études internationales et qui représentent un certain intérêt pour les OI. Dans certains cas, les OI sont associées à, voire intégrées dans l’équipe de recherche. Des thématiques très variées comme l’environnement, le développement, la santé, les droits humains, l’éducation ainsi que les conflits internationaux et civils, le développement durable, la santé publique, la migration et les réfugiés, les questions de genre, la globalisation, le commerce et les marchés financiers sont abordés selon la définition des études internationales.
Excellence académique, interdisciplinarité et coopération avec une organisation internationale ou non-gouvernementale
La sélection des projets de recherche qui seront acceptés pour financement, se fait dans le cadre d’un appel d’offres organisé annuellement. Les deux années précédentes, sept projets ont été sélectionnés par un Comité réunissant des experts scientifiques issus de différentes disciplines, parmi une centaine de demandes qui lui ont été soumises pour évaluation. Le SNIS accorde à ces équipes de recherche un financement à concurrence de CHF 300 000 sur une durée de deux ans. Parmi les critères de sélection figurent l’excellence académique du projet, l’interdisciplinarité, la coopération avec une organisation internationale ou une organisation non-gouvernementale ainsi que l’implication de plusieurs universités en Suisse. Un projet financé par le SNIS, particulièrement représentatif, est actuellement mené par l’Université de Genève, en partenariat avec la Division des conférences de l’Office des Nations Unies à Genève (ONUG), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ainsi que plusieurs universités étrangères. Il examine l’impact du langage émotionnel sur les négociations internationales. Une équipe issue de différentes disciplines comme les sciences affectives et psycholinguistiques, la sémantique lexicale, les études de traduction/ interprétation et la linguistique cognitive, étudie le rôle de l’émotion dans les scénarios conflictuels avec un accent sur les stratégies de médiation et de résolution. Quatre concepts émotionnels – la colère, la culpabilité, la honte et la fierté – sont examinés du point de vue de la communication verbale et de la construction de la signification dans les six langues officielles de l’ONU (l’anglais, le français, l’espagnol, l’arabe, le chinois et le russe) ainsi qu’en allemand et hébreu. Ce projet, théorique et appliqué à la fois, fera non seulement l’objet de publications, mais sera également présenté lors d’une conférence qui aura lieu au mois de juin à Genève. D’autres projets encore, dont certains très innovateurs et créatifs, abordent des domaines et sujets très variés :
- L’impact socio-psychologique des politiques agricoles : une étude interdisciplinaire et comparative (Suisse, France, Québec) ;
- Relations entre changement climatique, croissance économique et conflits ;
- La psychologie, la santé mentale et le droit : l’intégration des connaissances en psychologie dans les procès cambodgiens dans le but d’établir la réconciliation nationale ;
- Au-delà de l’économie : estimation des gains politiques des accords commerciaux ; stratégies de négociation des Etats membres dans la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
La liste exhaustive des projets financés en cours et un bref descriptif sont disponibles sur le site internet du SNIS : www.snis.ch.
Le Conseil académique de la Genève internationale – une collaboration institutionnalisée
Les organisations internationales ne sont pas seulement associées à certains des projets de recherche, mais la collaboration avec ces derniers a été institutionnalisée au sein du SNIS par le Conseil académique de la Genève internationale. Ce Conseil, organe à part entière du Réseau qui réunit une vingtaine de représentants de l’ONUG et des branches scientifiques des agences spécialisées, a défi ni et rédigé ses centres d’intérêts communs dans un papier de positionnement sur lequel il s’appuie comme base de collaboration. Les OI ont un intérêt particulier dans la publication des résultats de recherche et saluent la politique du SNIS à cet égard, notamment l’accès immédiat aux résultats dès que les travaux sont terminés. Un rôle particulier revient au Conseil académique dans le cadre de l’appel d’offres annuel, puisque c’est à lui que revient la responsabilité de définir la thématique principale, qui, si elle est adoptée par le projet de recherche proposé, représente un atout dans les critères de sélection. Le Conseil académique a ainsi la possibilité d’orienter les projets sur un sujet qui lui semble particulièrement pertinent, au vu de l’actualité. En 2010, le thème « nouvelles formes de coopérations internationales et la gouvernance mondiale » a été défini.
Plus qu’un fonds de recherche : un véritable réseau
Si le financement de projet de recherche constitue l’activité principale du Réseau, il ne se limite pas à ce rôle, mais cherche activement à développer des synergies entre disciplines et institutions académiques avec les OI et les ONG, dans le but de constituer un réseau. Dans cet objectif, le SNIS a organisé l’année dernière une série de conférence- débats dans différentes institutions académiques en Suisse. La problématique de la crise financière et ses implications sur la santé publique, le développement, la problématique sécuritaire et l’impact sur des organisations environnementales ont été débattus par des représentants du Conseil académique à l’Université de Genève, au World Trade Institute à Berne et à l’ETHZ à Zurich. Une nouvelle série de tables rondes se tiendra au courant de ce printemps/été à Bâle, Zurich et St. Gall sur le sujet de la sécurité humaine. « Il s’agit d’exporter l’expertise que représente la Genève internationale dans toute la Suisse, notamment dans les cantons où les organisations internationales sont moins accessibles», remarque Dr Bernhard Fuhrer, Directeur du SNIS.
De nouvelles activités sont en cours d’élaboration, comme le prix du Conseil académique qui récompensera trois publications dans le domaine des études internationales, particulièrement pertinentes pour les OI et jugées utiles du point de vue du Conseil académique.
Le SNIS, à travers ses multiples activités, tend à instaurer un véritable réseau entre les chercheurs, les organisations internationales en Suisse et la communauté académique en Suisse et se considère de ce fait comme un acteur de la « Genève internationale ».
